Ce soir-là, dix-huit personnes ont imaginé une semaine sans courant à Anères, en deux groupes. Huit ont joué le scénario avec l'outil : trente impacts sont remontés, treize besoins ont pris la voix d'un personnage, quinze réponses ont émergé. Dix autres ont mené la réflexion en discussion libre, dehors, avec Stephan.
Le premier besoin que le groupe du jeu a jugé vital, c'est l'eau propre. Avant le chauffage, avant le réseau, avant l'argent. La panne ramène vite aux gestes de survie.
Viennent ensuite l'organisation collective et le soin. « Mettre en place des solutions communes avec et pour les habitants », « s'assurer que tout le monde va bien », garder un frigo pour les médicaments. Les besoins les plus votés dessinent un village qui se coordonne, plutôt qu'un repli sur soi.
Le plus parlant tient dans les solutions votées. En tête : rassembler les personnes fragiles dans un même lieu chauffé, mutualiser la production alimentaire, mettre en commun les moyens de la mairie. Les réponses techniques comme les panneaux solaires, le biogaz ou le pompage low-tech arrivent ensuite. Le groupe a d'abord misé sur la coopération et la redondance, exactement ce que décrit Olivier Hamant quand il oppose la robustesse à la performance.
Le second groupe arrive aux mêmes endroits par un autre chemin. En notant la gravité de chaque conséquence, il place en tête la gouvernance, l'eau et l'alimentation : pouvoir décider ensemble pèse autant que boire et manger. Ses pistes rejoignent celles du jeu : une agora quotidienne, la mutualisation des stocks, le recensement des personnes fragiles et des compétences. Et une question ramenée des inondations de Valence, dont la réponse tient en un mot : la solidarité.
Quatre engagements concrets repartent à la maison : un kit de survie pour les quinze premiers jours, un kit de potabilisation, une piste de communication alternative. Répéter la crise avant le jour J, pour la traverser ensemble le moment venu.